Les bâtisseurs du temps long
L’espace dédié aux constructeurs et constructrices d’un monde apaisé
Où Foi & Espaces sont reliés
EXTRAITS
Savez-vous quelle est la 1ère ville construite dans la Bible ? C’est celle d’un des enfants d’Adam & Eve : Caïn qui vient juste de tuer son frère, Abel, profondément jaloux de la proximité qu’il avait avec Dieu.
Il nomme cette ville du nom de son fils, Henoc.
Je vois là un premier signe que les villes, les conceptions spatiales, les “aménagements du territoire” n’ont rien de divin en soi : ils sont même plutôt une défiance vis-à-vis de Dieu et une confiance dans le fait que les êtres humains peuvent bien s’auto-gérer seuls après tout.
Aussi louables soient les buts visés : l’écologie, le vivre-ensemble, la mixité sociale, que sais-je encore… le moteur de toutes les personnes investies dans la construction urbaine, moi y compris, a à voir avec le fait de vouloir se faire un nom, laisser une trace.
(…)
Ce qui m’amène à vous parler aujourd’hui de la notion d’espace liminal.
C’est un espace “entre-deux” qui prépare à un autre état que celui auquel on était habitué jusqu’alors. Cela vient du mot latin limen qui veut dire seuil.
C’est un véritable espace en soi. Physiquement, on pourrait voir une porte. La franchir ne prend pas tant de temps que cela. Dans un projet, c’est plutôt l’agencement des volumes, des fonctionnalités entre eux qui prend du temps. Maximiser la capacité constructive d’un terrain au regard de ce qui est possible avec les règles d’urbanisme en vigueur prend le pas sur le questionnement symbolique de l’entrée.
Se spatialiser dans un monde déchirant
En regardant les cahiers de mon fils de 8 ans, j’ai réalisé à quel point il y avait un problème dans la façon de transmettre la spatialisation, la géographie.
Retour au point zéro
Déjà, il n’y a rien à transmettre. Une des facultés premières d’un bébé qui naît est de se situer : c’est une nécessité. In utero, ex utero. J’étais dedans, reliée, je suis dehors.
Personne ne percera jamais le mystère de la naissance : ce qui se passe dans la conscience du nouveau-né, terra incognita.
Seuls restent les souvenirs des êtres doués de langage entourant ce moment et liés à jamais à cet enfant : la conscience du parent. Passent les pleurs, la fatigue, le flou mental autant que la joie et l’Amour révélé mais il reste une accroche à travers le temps. Le regard profond du nouveau-né. Ce regard-là vous situe.
Et non l’inverse. Les recherches en développement tendent à dire que le bébé va évoluer en se situant par rapport à sa mère. Je crois que c’est l’inverse qui se joue.
Le bébé contient l’Univers tout entier, ce qui est révélé par ce regard des temps premiers, si fascinant. Un regard qui vous perce l’âme. Oserai-je dire : un regard de foi totale. L’enfant n’est pas dans l’espace : il EST l’espace.
Et nous répondons oui à ce regard en plongeant nos yeux dans les siens pour nous connecter à cette vérité éternelle. Nous sommes l’espace et nous vibrons d’amour.